IKEA est là !

Blog de heleneinhamburg :Ma Nouvelle Vie à Hambourg, IKEA est là !

Et oui ! Nous aurons bientôt un IKEA  au centre ville de Hambourg, à côté de Altona Bahnhof sur Große Bergstraße pour être précise. La première filiale du monde à être construite en centre ville, vous rendez-vous compte !

Après bien des discussions et des oppositions des habitants et petits commercants d'Altona, le IKEA-City-Haus a été offociellement autorisé. Le projet coûtera 10 millions d'euros de plus que prévu au départ (car changement dans la facade et autres détails qui n'avaient pas été bien pris en compte pour la construction), soit dans les 80 millions d'euros pour une surface commerciale d'environ 18.000 m². 

Dès la fin de l'année 2013, nous pourrons donc aussi aller faire notre shopping chez IKEA en centre ville, la troisième filiale IKEA  pour Hambourg qui s'ajoute à celle de Schnelsen (au nord de la ville) et celle de Moorfleet (la plus grande filiale, au sud). Imaginez-vous: encore plus de Klippan, de Beddinge, de Billy, d'Expedit, de Strom, de 365 ! Ah ! le bonheur de la production standardisée de masse !

Non mais IKEA, moi aussi j'aime bien. Enfin, disons que c'est pratique et qu'il y a aussi des produits bien sympas. Et puis l'avantage, c'est qu'on se sent toujours chez soi quand on va chez les autres parce qu'on a les même meubles, les même rideaux, au pire dans une autre couleur. IKEA, c'est en quelque sorte le H&M du meuble. Ou plutôt H&M le IKEA de l'habillement. C'est beau la Suède !

Quoi qu'il en soit, c'est une grande première pour IKEA d'ouvrir en centre ville. Le concept doit donc être complètement adapté. Pas de parking géant, des gens qui viennent en transport en commun et n'ont donc pas de voiture. IKEA s'est donc creusée la tête pour proposer une offre correspondant à sa clientèle urbaine pédestre. Un service de livraison mais aussi un modèle de car-sharing et des prêts de vélos avec remorques sont à l'étude. Waow! Une beau vélo jaune et bleu avec voiturette assortie ! Coool ! Je me demande s'il y aura un drapeau sur la remorque, et und beau klaxon, et est-ce qu'ils feront aussi un modèle enfant ?

En bonne consommatrice du XXIième siècle, j'ai quand même hâte d'aller avec mon sac en plastique bleu (multi-réutilissabel. On pense à l'environnment chez IKEA,  monsieur !) acheter des trucs dont je n'ai urgemment pas besoin et de partager cette expérience sur Facebook. Car shopper dans le premier IKEA-City du monde, c'est quand même carrément chic.  


Photo: IKEA Deutschland

mardi 28 février 2012 10:43 , dans shopping


1482 km ou Heimweh

Blog de heleneinhamburg :Ma Nouvelle Vie à Hambourg, 1482 km ou Heimweh

1482 km
C’est la distance qui sépare Hambourg de Bordeaux, ma ville d’origine.
Ca fait loin. Très loin. Trop loin ?

  La distance, ce n’est jamais quelque chose qui m’a gêné jusqu’ici. J’ai déjà vécu bien plus loin, et pour le coup, c’est tout un océan et encore un bout de continent qui me séparait de Bordeaux. Mon maximum, ca a été 8 mois complets sans revenir en France.
Depuis presque 4 ans que je vis à Hambourg, j’ai toujours bien tenu le coup, sans me sentir loin de mes racines. Je suis rentrée trois fois par ans chaque année plus une visite par an à Paris pour les amis qui sont là-bas.
Pour ces dernières vacances de Noel, je n’avais jamais autant eu envie de rentrer dans ma campagne bordelaise. La dernière fois, c’était à Pâques. J’avais certes été à Paris 3 jours en Octobre, mais bien que ce soit la France, ce n’est pas pareil que « la maison », celle qu’on a quittée pour faire nos études, où on est revenu le temps de trouver un boulot, et où on revient toujours avec plaisir, accueilli comme l’enfant prodige. LA maison, quoi.
Ca faisait donc environ 7 mois sans y être retourné. Presque mon record, mais pas tout À fait. Mais cette fois, depuis le moment de l’achat de mon billet d’Avion trois mois avant, j’étais super impatiente. Et là, patatra ! Le jour J arrive enfin. Vacances de Noel. Yeah ! Bagages enregistrés, security check passé, duty free shopping validé, devant la porte d’embarquement. Sauf que là, le choc : on nous annonce 1 :40 de retard au décollage. Bye, bye ma connexion à Amsterdam. Je ne serai pas à la Maison ce soir. Rebooking pour le lendemain via Paris : arrivée prévue à 14 :15. Quasi un jour de retard. Ma déception est immense. Les larmes montent et je me retrouve à pleurer au comptoir Air France-KLM-Sky Team. Pourtant, je ne suis vraiment pas le genre à voir la larme facile, surtout en public. Enfin, je suis finalement bien arrivée le lendemain en terres bordelaises, sous le soleil, et toute heureuse d’être enfin à « la maison » !

  Du coup cet épisode, ca m’a fait me questionner. Je suis vraiment heureuse à Hambourg. J’aime ma vie ici, mes amis, la ville, mon boulot. Tout va vraiment bien pour moi.
La France me manque-t-elle plus qu’avant ? Pourquoi ?

 
  1) Mon boulot.
J’ai atteint mon objectif de travailler en allemand. Avant, je bossais pour la France donc, bien que la langue avec les autres collègues soient l’allemand, la France et le français étaient mon quotidien. On papotait aussi bien avec ma collègue française. Et il faut bien avouer que bosser 99% du temps en allemand et en anglais, c’est pas tous les jours simple. Je m’en rends d’autant plus compte quand je peux parler avec un client français ou écrire un mail dans ma langue. De ce fait sûrement aussi, mon cercle d’amis est devenu beaucoup plus francophone qu’il y a 1 ans ou 2.

  2) La bonne nourriture (le manque de).
Je ne m’y fais pas. On ne trouve rien ou alors à prix d’or. Oubliez les bonnes charcuteries (coppa, Serano, Aost, Bayonne, panchetta, rosette), le fromage, le rayon desserts, les bons croissants, le rayons biscuits, enfin tous les rayons en fait. Même les coquillettes ca n’existent pas en Allemagne, c’est dire ! Les grands supermarchés n’arrivent même pas à la cheville d’une moyenne surface française, ni même d’une épicerie de quartier qui a encore bien plus de bons produits et de choix. Non, franchement, ca pèse sur le moral au bout d’un moment. En cas de déprime, il y a heureusement les sites web comme lafranceadomicile.com où vous pourrez trouver un peu de réconfort avec des petits beurres de Lu, une Tisanière et de la crème Mont Blanc.

  3) Le soleil.
J’adore Hambourg. Mais le manque de luminosité ! Du coup, on finit par se sentir tout bête, ébahi, quand on voit du soleil. « Oh ? C’est quoi ? Quelle est cette sensation étrange et pénétrante ? Oooh ! Le soleil !!! » J’essaie de comprendre que les gens soient renfermés et parfois aigris. Avec toute une vie d’un temps pareil, on finit par ne plus leur en vouloir. Que faire d’autre alors à part rester en ermite chez soit, sortir seulement si c’est prévu minimum deux semaines à l’avance (histoire de se préparer psychologiquement à devoir braver le froid et la pluie au lieu de rester au chaud à mater un DVD avec un Minztee) ou boire, autant qu’il faut pour oublier qu’il fait froid et qu’il pleut. On n’y peut rien, c’est chimique. Manque de vitamine D et excès de mélatonine. D’ailleurs, dès qu’il y a du soleil, les gens commencent à vous parler spontanément dans le bus ou dans la rue : non, non, vous n’hallucinez pas !

  Enfin heureusement, il y a quand même des raisons qui font qu’on tient le coup. Et même plus, qu’on choisit de vivre au 53°33’Nord plutôt qu’au 44°49’ Nord !

  1) Le boulot.
J’ai un boulot qui me plait beaucoup, un CDI avec un salaire qui me permet de vivre bien, même si je ne roule pas sur l’or et qu’une grosse partie part en impôt. J’ai moins de vacances qu’en France. 40h et pas de RTT. Mais je peux prendre mes vacances dès que je commence un job (pas de bizutage du style « pas de vacances la première année ») et personne ne me fera de remarque sur mes heures d’arrivée et de départ du moment que je fais mon boulot. La pause déj est courte (45 min en général), mais du coup la journée de travail moins longue. Il est permis de partir à 17h sans se sentir coupable de quoi que ce soit ou se faire juger ou regarder de travers. Ca c’est bien !

  2) TV5 monde.
Merci d’être là ! Quel bonheur de voir du français à la télé, le journal, des films et de bons docus ! Les films en version française au ciné sont devenus rares. Il ne reste guère qu’Abaton sur Hambourg qui passe encore des OmU pour les quelques films francais qui franchisent le Rhin. Enfin, on vient d’avoir « Intouchables » (« ziemlich beste Freunde »), qui est génial, et « the Artist » va sortir (film muet, mais français !). Mon séjour en Allemagne se prolongeant, je commence à reluquer vers les offres de chaînes françaises sur le câble. Une amie va faire l’essai, donc j’attends son feedback.

  3) L’ambiance.
J’adore le fait que les gens ne râlent pas en permanence. Ca finit par m’énerver en France au bout d’un moment. D’un côté, je trouve ca génial que les gens ne se laissent pas faire et aspirent toujours à quelque chose de mieux. Beaucoup de pays nous envient cet esprit « révolutionnaire » et ils ont bien raison. J’aime bien l’ordre qui règne en Allemagne et cet esprit discipliné, un peu dur certes, mais les choses fonctionnent bien. Le manque de flexibilité qui en découle me rend parfois folle. Rien n’est parfait ! Mais soyons clairs : si je ne supportais pas ce système, je ne serais pas là aujourd’hui. Je pense aussi que ca me fait davantage apprécier les « travers » des Français (moi incluse !). Ils ont du bon au fond, ces travers.

 
  Je pourrais bien sûr étendre à l’infini la liste des pours et des contre. Là n’est pas le but. Je n’en suis pas à faire une plus/moins pour savoir si j’ai pris la bonne décision. Je sais que je suis heureuse de mes choix et que je referais le même chemin si c’était à refaire. Oui, il a plein d’autres routes possibles, que je rejoindrai peut-être un jour. Oui, la France me manque et l’éloignement doit se gérer au mieux. Mais je suis définitivement bien là où je suis, dans ma vie perso, dans mon boulot, à Hambourg, en Allemagne {#}

 

mardi 24 janvier 2012 13:19 , dans vie pratique


Ouverture des Marchés de Noël : Youhou !

Blog de heleneinhamburg :Ma Nouvelle Vie à Hambourg, Ouverture des Marchés de Noël : Youhou !

En ce jour mémorable, je reprends l'écriture de mon bien aimé blog. Très chers lecteurs, j'espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de mon long silence. Des articles préparés inachevés n'ont jamais (pas encore...) pu être postés, faute de temps suffisant pour les achever proprement. C'est que je tiens que mes écrits soient à la hauteur de vos espérances !... enfin, c'est tout au moins mon intention !

Aujourd'hui, c'est un message tout en guirlandes scintillantes et parfums de sucre et de cannelle que je vous adresse. En ce jour mémorable du 21 novembre 2011 s'ouvrent les marchés de Noël de Hambourg. Ah ! Enfin ! Du vin chaud, des crêpes, et toujours, bien sûr, des Würste bien chaudes ! Je sens déjà les effluves de vin chaud titiller mes narines...

J'avoue avoir déjà ouvert la saison du vin chaud avec un peu d'avance car les bouteilles de ce liquide magique ont déjà fait leur apparition dans le commerce à peu près début novembre. Je trouve généralement dommage de commencer Noël si tôt, mais cette année, je suis tellement impatiente à l'approche de Noël, que j'ai aussi sorti mes premières guirlandes en Novembre. Des bougies rouges et blanches et un poinsettia sont venus ensuite s'ajouter à ces premières décorations (ben oui, je suis une fille {#}). La perspective de rester cette année suffisamment longtemps avant Noël permettant de rendre sensée l'investissement dans une couronne et un calendrier de l'avent me procure un réjouissement sans bornes ! Des vacances en famille qui commencent un peu plus tard donc, mais le double de plaisir dans la préparation de Noël à Hambourg et sa célébration à Bordeaux.

Pour tous les Hambourgeois, j'espère que vous n'avez pas manqué les marchés de Noel scandinaves dans les Seemanskirchen de Ditmar-Köhl-Straße, près de Landungsbrücken. Ils se tiennent généralement les 2 semaines avant l'ouverture des marchés de Noël de Hambourg. Le marché finnois est certainement le mieux des trois, mais les autres valent en tous les cas aussi le détour. Vous pourrez y voir et acheter des objets artisanaux de Noël, de la nourriture made in Scandinavia et déguster de la viande de rêne, des gâteaux, et bien sûr du vin chaud.

Aujourd'hui, c'est donc le grand coup d'envoi des festivités de Noël avec l'ouverture officielle des marchés de Noël à Hambourg. Et dimanche, ce sera déjà le premier de l'avent. ..

Frohe Adventzeit ! {#}

PS: Pour le détail des festivités, cliquer ici



 

lundi 21 novembre 2011 10:41 , dans tourisme


Identité nationale

Blog de heleneinhamburg :Ma Nouvelle Vie à Hambourg, Identité nationale

Encore plus quand on vit à l'étranger, la question de la nationalité et du sentiment d'appartenance nationale est un thème auquel on est confronté quotidiennement. Ne serait-ce que parce qu'on est défini en premier par les autres par notre nationalité.

Je suis française. C'est ce qu'il y a écrit sur la carte d'identité. C'est aussi la base de ma culture. Ca, c'est facile à dire et personne ne se pose trop de question en énonçant une telle affirmation. Mais qu'est-ce qui fait que je suis française au fond ?

Bon, je peux me référer à la liste des critères « tu sais que tu es français en Allemagne quand » et là, les situations sont tellement véridiques, que je ne peux qu'aboutir à la conclusion que je suis bien française.

En même temps, comme j'en ai déjà parlé dans mon article « OMG ! Ich werde Deutsche », il me faut bien arriver à l'évidence qu'il y a certaines choses qui ne sont pas ou plus tout à fait typiquement françaises chez moi. La France est mon pays et je me sens chez moi en France. Mais chez moi, c'est aussi Hambourg et l'Allemagne. À cela s'ajoute le temps passé aux États-Unis qui m'a aussi changé. A chaque fois que j'ai remis les pieds à New York, j'ai eu ce sentiment d'être à la maison. Et quand je suis en contact avec des Américains pour le boulot, j'ai cette partie de moi qui refait surface.

 

Et ce matin, je tombe sur un article de Libé annonçant que notre cher ami Claude Guéant ne souhaite pas changer la loi d'attribution de la binationalité. Vite fait en passant, c'était une idée poussée par une frange nationaliste de l'UMP et, oh ! surprise ! le FN. Ben vous m'en direz tant ! Mais bon, Clauclau ne souhaite quand même pas frustrer cette base d'électorat, donc il a insisté sur le fait que les critères d'obtention de la nationalité française allait être « plus exigeants ».

Premier critère : les aspirants à la nationalité française devront avoir un niveau en français d'un élève de troisième. Le tout est de savoir ce qu'on entend par là, car quand on voit le niveau de français de nombreux bacheliers, je pense qu'il ne resterait plus grand monde si on devait retirer la nationalité à tous ceux qui ne maitrisent pas la langue française correctement !

Deuxième critère : « épouser le style de vie français ». Intéressant ! C'est quoi le style de vie français en fait ? Avoir un béret, un foulard rouge et un t-shirt rayé marin dans sa garde robe, boire du vin rouge, manger des croissants le matin avec un café, porter sa baguette sous son bras, vouer un culte à la nourriture et à l'art de vivre, rouler en Renault/Peugeot/Citroën, inviter ses voisins pour l'apéritif au moins une fois par semaine, ne jamais sortir de chez soi en pyjama ou survêtement, faire une pause déjeuner de deux heures minimum... Sachant que le plat favori des français est le couscous, je crois que nous avons tous du souci à nous faire sur notre « francitude » (rien que le fait que je me permette d'utiliser ce mot me vaudrait sûrement d'être recalée pour le critère numéro 1 !).

Troisième critère : avoir « bien intégré nos principes républicains les plus fondamentaux ». Facile ! Liberté, égalité, fraternité. Dites ! Dites ! J'ai juste ?? La Marseillaise ? Je la connais par cœur en playback ! Comment ca le troisième couplet ? Allez ! Même les sportifs ils ne la connaissent pas tous la Marseillaise. Et puis quand on voit les performances de certains bleus, vous n'allez pas me dire que c'est leurs résultats sportifs qui les ont repêchés sur celle-là !

 

Et du coup la question se pose : pourquoi certains doivent mériter une nationalité et d'autres l'avoir tout cru sans rien faire ? C'est vrai, qu'a-t-on fait de si exceptionnel pour avoir la chance de devenir français ? La réponse est dans la question : on a juste eu de la chance. Et quand on n'a pas eu les bonnes cartes dans la vie, il faut se donner drôlement du mal pour faire un double six et sortir de la case « prison », oh pardon !, « centre de rétention » je voulais dire...

 

Etant étrangère en Allemagne et pourtant européenne, je comprends déjà bien ce que ca fait quand on sent qu'on n'est pas vraiment intégré. Même en parlant bien la langue, en travaillant dans une entreprise allemande, en ayant des amis allemands, on reste un étranger. Ce qui me frappe en Allemagne, c'est paradoxalement le nombre de gens qui ne sont pas nés en Allemagne qui vivent ici. J'ai des collègues d'Inde, d'Afghanistan, d'Afrique du Sud, de Chine, de Turquie et de bien d'autres pays du globe. Je connais des Allemands originaires de Pologne, de Russie, du Kazakhstan. Ils ont mon âge et sont arrivés enfants en Allemagne. En France, j'avais le cas de figure de Français nés en France dont les parents ou grands-parents avaient immigré. Evidemment, l'Allemagne est un peu plus dans la merde côté natalité et côté main d'œuvre car il y a encore pas mal d'activités qui nécessitent de la main d'œuvre nombreuse et pas trop chère, donc ils ont besoin de gens de l'extérieur, hier comme aujourd'hui.

 

Mais cela ne résout pas notre question : qu'est-ce qui définit notre identité nationale ? Bien sûr il y a l'histoire du pays, son esprit, ses valeurs, sa langue. Mais n'importe quelle liste de critères ne saurait suffire à définir absolument notre identité nationale. Pour la bonne raison qu'une nation se nourrit de la diversité de ses membres. Je vous retournerais donc la question: pour vous, c'est quoi qui fait que vous êtes français ?

 

Je vous laisse en vous recommendant un film qui annonce mon prochain thème sur la nationalité allemande et la germanité. Film drôle et plein d'émotion sur plusieurs générations d'une famille turque émigrée en Allemagne : Almanya. Pour info, le film repasse à l'Open Air Kino de Millerntor ce mois-ci.

 

 

vendredi 08 juillet 2011 00:00 , dans culture


Littérature allemande

Blog de heleneinhamburg :Ma Nouvelle Vie à Hambourg, Littérature allemande

 

Je lis régulièrement en allemand. Je lis plus souvent en anglais, et de temps en temps en francais. En ce moment, je suis sur « der Geschmack von Apfelkernen » de Katharina Hagena. Je suis tombée sur le bouquin en surfant sur amazon. J'avais acheté en même temps « April im Paris » de Michael Wallner (j'ai décroché quand le livre, vraiment bien au début, commence un peu à pédaler dans la semoule... Je le reprendrai au calme cet été. Il faut savoir donner des secondes chances). Quand j'ai acheté le livre d'Hagena, je ne savais pas que c'était un Bestseller, en Allemagne comme en France d'ailleurs. J'ai attendu un peu de finir d'autres lectures et me suis lancée... Et là, heureusement que ce livre avait été célébré comme un bouquin trop bien, car sinon, je l'aurais rapidement refermé. Beaucoup de descriptions, des bouts de récits qui vont dans tous les sens de façon très décousue, très peu d'émotion du narrateur principal...

À ce moment là, je me suis dit que c'était peut-être un problème plus large de la littérature allemande. Il n'y a en effet qu'en Allemagne que je suis tombée quelques fois sur des livres dont le narrateur est une personne lointaine et secrète qui ne dévoile rien de lui. Au mieux, il parle très bien des sentiments des autres, mais c'est toujours un point de vue extérieur. Lui se cache et ne laisse entrevoir que sporadiquement des bouts de lui. Autant dire, franchement frustrant.

 

J'ai eu le même problème avec un livre que je recommande par ailleurs car bien écrit et l'histoire m'a beaucoup plu. Il s'agit de « Flug der Pelikane » de Benjamin Lebert, jeune auteur hambougeois. Le thème : la fuite, la prison intérieure, et la recherche de liberté. Avec en fond l'histoire d'Alcatraz et de ses mythiques évadés. Le narrateur raconte très bien l'histoire et aussi l'histoire des autres personnages. Lui, il parle un peu de lui. Ces quelques passages sont d'autant plus forts qu'ils sont rares. Un regret car on entrevoit seulement un peu du monde intérieur du jeune homme et on doit essayer de deviner le reste. Au final, j'avais l'impression de ne pas avoir ressenti d'intimité avec le narrateur.

 

De mon point de vue, l'écriture est quelque chose de profondément personnel. Dans un livre, je m'attends à plonger dans le monde de l'auteur, dans son monde intérieur, et de faire le voyage avec lui. De ce point de vue, j'ai énormément aimé par exemple le livre de Michel Birbaek « Wenn das Leben ein Strand ist, sind die Frauen das Mehr » (non, pas de faute de frappe, c'est un jeu de mot « mehr/Meer »). Il partage complètement les états d'âmes et le questionnement du personnage principal, dans tous ses défauts et ses faiblesses, dans le clair et dans l'obscure, dans toute son humanité. Comment s'attacher à un personnage si on ne sait rien de lui ? S'il ne partage rien ou si peu avec son lecteur ? Encore maintenant, je garde Vik et son histoire en mémoire.

 

En francais et en anglais, je n'ai jamais eu ce genre de problème. Du coup, je me demande si c'est quelque chose qui a à voir avec la culture. Aux Etats-Unis, être expressif (voir sur-expressif) dans la démonstration de ses émotions est normal et absolument naturel. La littérature anglaise est parfois sur ce modèle aussi. Même dans Jane Austen ou Nick Hornby, on a une vraie proximité, même si elle peut être moins exubérante.

En France, il est dans notre culture de parler de sentiments, qu'ils soient purement romantiques ou intellectualisés.

En Allemagne, on est dans le pays de l'industrie, du commerce et de l'ingénierie. Pour l'image romantique, c'est Goethe. Autant dire qu'on est mal barré ! Des héros fous d'amour mais qui n'avouent jamais leurs sentiments et finissent par mourir de chagrin ou mourir tout court. D'où, de mon point de vue, un problème culturel profond dans le partage de ses sentiments, dans la vie comme en littérature.

 

C'est bien dommage car quand le cœur s'ouvre un tout petit peu et que les mots l'accompagnent, il y a beaucoup de choses à voir, du beau et de l'ombre, du vrai, de la vie.  Beaucoup à vivre et à partager si l'on sait accepter ce que l'on est et qu'on n'a pas peur de simplement être.

lundi 27 juin 2011 20:46 , dans culture


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